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Vita poetica - François Lallier


ISBN : 978-2-87406-468-5
Nombre de pages : 128
Parution : 2010
Auteur : François Lallier
Titre : Vita Poetica
Collection : L'Arbre à paroles
Format : 13 X 20
Prix : 10 € (frais d'envoi inclus)

 
 
L'auteur

François Lallier est poète et critique. Il a publié plusieurs recueils de poésie, notamment chez l’éditeur Deyrolle. Critique, il a travaillé sur les oeuvres de Poe, Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé. Et sur des auteurs plus contemporains comme Jouve, Michaux, etc… Plusieurs de ses textes sont parus dans des revues comme la NRF, Europe et Critique. Dernier livre paru : La Voix antérieure I (2007), et La Voix antérieure II, (2010) Bruxelles, La Lettre volée. Il est également directeur des éditions Poliphile dont les publications se distinguent par la qualité de l’objet-livre que par les textes choisis.
Le livre :

À travers ces deux essais, François Lallier nous propose non seulement un retour aux sources de la poésie occidentale, mais aussi une lecture précise, et pourrait-on dire, renouvelé d’auteurs latins tels que Catulle, Virgile et Horace. Mais plus qu’une lecture, il s’agit aussi d’une traduction faite de certains textes de ceux-ci qui induisent le commentaire. Lallier est à la fois poète et critique. Et il convient de rappeler que ces deux activités se nourrissent à tel point qu’on ne saurait les dissocier. C’est ce que montre très bien la réflexion qui précède les traductions proposées dans ce livre. Il convient de laisser parler l’auteur qui dès l’ouverture de son texte donne une idée précise à la fois de son intention et de la langue qui porte à merveille ce texte, une langue précise et rigoureuse, mais tout en souplesse. Lallier écrit : « Plonger à travers le temps, cherchant une origine. Remonter le courant à partir d’un point de départ qui ne peut être que le moment – le paysage – présent. Ainsi l’origine est-elle double, celle vers laquelle je reviens, et celle, dans ce mouvement de retour, d’où je suis parti : ce présent, qui est aussi un territoire ou une terre. Parce que la terre possède les fantômes qui habitent vivants le poème, mais possède aussi, près de tel ruisseau, non de sources néolithiques, le feuillage loquace des peupliers qu’agite un souffle invisible : parole perpétuellement présente comme elle l’est ici, dans l’instant, avant même que le murmure des mots, en leur « mutisme », n’engendre les figures de la grâce, de la beauté, du plaisir, de la douleur qui les accompagne. ». Tout dans ce livre est à découvrir, qui parle non seulement de poètes d’antan, mais de la poésie présente.

Pierre-Yves Soucy



Extrait :

(...) Le poème commence par une évocation extraordinairement véloce de la fable des Argonautes (sujet d’un épopée « longue » contemporaine de Callimaque, et contraire à son goût, les Argonautiques d’Apollonius de Rhodes), prise à son origine – en grec « aitia » – qui est aussi l’origine de la navigation : Minerve construit pour eux le premier navire, et « la première à sa course initie l’ignorante Amphitrite ». Mais ce cadre une fois posé, le récit attendu s’interrompt pour un premier tableau, de la mer, du navire qui fend les eaux blanchissantes, des Néréides qui émergent, pleines d’étonnement devant la chose étonnante, tandis que les nymphes marines ne sont pas moins objet de contemplation émerveillée pour les navigateurs – et le lecteur – dans un discours plus régi par le regard que par l’action :

« Quae simul rostro ventosum proscidit aequor,
Tortaque remigio spumis incanduit unda,
Emersere freti candenti et gurgite vultus
Aequoreae monstrum Nereides admirantes.
Illa atque haud alia viderunt luce marinas
Mortales oculis nudato corpore Nymphas
Nutricum tenus extantes e gurgite cano. »

« À peine de son rostre a-t-il fendu la mer battue des vents
Et l’onde retournée par les rames a pâli sous l’écume,
Qu’émergent de l’éclat du gouffre blanc les visages
Des filles de la mer, les Néréides, admirant la merveille.
Ce jour et nul autre, en pleine lumière les mortels virent
De leurs yeux des nymphes marines les corps nus,
Se haussant jusqu’au sein hors de l’abîme blanc. »

(...)