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Vendredi à Jérusalem - Marco Antonio Campos


ISBN : 978-2-87406-391-6
Nombre de pages : 146
Parution : 2007
Auteur : Marco Antonio Campos
Format : 12x20 cm
Collection : Traductions
Prix : 10 €

 
 
Le poète-voyageur, le «vagamonde» Campos ne tombe ni dans le paysagisme ni dans l’anecdotisme. Nostalgique de l’enfance, revenu de l’enthousiasme libertaire de 1968, comme d’autres illusions, il reconnaît que sa «vie s’est trouvée dans les lettres»; mais, pour le poète, la vraie vie n’est-elle pas le vrai dire ? Cette langue juste qui travaille la pâte de la mémoire sociale et intime. Ainsi, la révolte de Campos s’est-elle intériorisée, son humanisme tend-il, plus justement, à préserver l’espoir qu’un jour

dans aucune rue de Jérusalem
on ne pourra marcher
tant y joueront de filles et de garçons

(André Doms)


EXTRAIT

Enfant je contemplais dans les livres des images
de la cordillère et elle m’apparaissait comme
quelque chose d’interminable;
Il a plu une paire de jours, il a fait froid;
On voit la cordillère enneigée sur de nombreux
sommets;
Novembre tombe du crépuscule, tombe novembre
coup par coup jusqu’à douze qui en paraissent treize;
Ah l’enfance, ah le retour à l’enfance, ah si mon
pays était un grand pays;
Qui sait la différence entre le souvenir du voyage
et le rêve du voyage;
C’est le printemps dans le sud profond mais les
eaux du .euve, souillées par les pluies violentes,
déferlent en turbulences au pied du mont San
Cristóbal;
Voici trois décennies, sur les eaux du .euve
Mapocho on distinguait des chemises trouées
et des câbles électriques qui, à force d’usage,
avaient perdu leur voltage;
En Amérique latine jamais le matin n’eut le goût
du grand lendemain;
Mais le bonheur d’un peuple, à qui appartenait-il ?
Je ne cesserai de rêver à quelque chose de mieux
que le monde, mais les enfants que je n’ai pas eus
n’en rêveront pas pour moi;
La nuit tombe sur Santiago, et une lueur dans la
dernière étoile brille pour un autre dont je ne sais qui il est.