Maison de la poésie Revue L’Arbre à Paroles Imprimerie Le CEC Plume et Pinceau Auteurs en Résidence Le Théâtre Galerie expo
 
 
 

Palimpsestes - Véronique Bergen


ISBN : 978-2-87406-471-5
Nombre de pages : 90
Parution : 2010
Auteur : Véronique Bergen
Titre : Palimpsestes
Collection : P.O.M. (Poésie Ouverte sur le Monde)
Format : 13 X 20
Prix : 12 € (frais d'envoi inclus)

 
 
L'auteur

Véronique Bergen, philosophe et écrivain née à Bruxelles. Auteur d’essais philosophiques notamment L'Ontologie de Gilles Deleuze (L'Harmattan, 2001), Résistances philosophiques (PUF, coll. Travaux pratiques, 2009), de romans dont Kaspar Hauser ou la phrase préférée du vent (Denoël, 2006), Fleuve de cendres (Denoël, septembre 2008), de recueils de poèmes (dernières parutions : Alphabet sidéral. Dans les pas d’Anselm Kiefer, Le Cormier, 2008, Glissements vers l’ouvert, Maelström, 2009. Auteur de nombreux articles sur Deleuze, Badiou, Sartre… Membre de comité de rédaction
de la revue Lignes. Roman à paraître en 2010 : Requiem pour le roi. Mémoires de Louis II de Bavière (Denoël).
Argumentaire :


[Le palimpseste (du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») est un manuscrit écrit sur un parchemin
préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau]
Tout texte est un palimpseste, à la croisée des traces effacées et d’un nouveau lancer de dés.
Tout poème est une convocation de l’inouï, une proposition d’impossible.
Toujours sur la ligne de crête où l’inaperçu vient rompre silence et élever sa voix, à jamais non répertorié dans le bal des proses apprivoisées.
Choisir de décliner des fragments de monde selon l’axe des quatre éléments physiques — la terre, l’eau, l’air et le feu —, c’est tenter d’illimiter l’écriture en un corps dansant et frapper les choses au coin du verbe.
Double mouvement en miroir, double pari. En sécession avec les codes régnants du penser et de l’exister. À l’écart de l’institué et du figé.
Afin de phraser ce qui se soustrait à la visibilité, ce qui est exclu de la présence, les vents de l’ailleurs doivent souffler sur la langue.
Jamais à la solde de ce qui est, la poésie invente son espace-temps propre, dans la sédition de vocables qui tombent hors de leur usage marchand, hors d’eux-mêmes.
Le verbe ne se tient qu’à hauteur d’une insurrection contre tout ce qui le minore, le corrode, l’aseptise. Prêt à affronter des temps qui ne relèvent d’aucune conjugaison, le verbe allume les points de crise de la grande Histoire et des lambeaux de petits récits, débusquant les noms silencieux sous le vacarme des choses, les puissances vitales dans les tribus de mots hors de leur gond.
Le tremblé, le bougé que le poème induit dans la langue du monde et dans le monde de la langue n’est pas sans ricocher sur lui-même.
Nul m’emporte et ne déporte s’il n’est d’abord transporté.


Extrait :

De souche inconnue
le verbe
qui chevauche les amants
un troupeau de fouets sous ses ordres
afin que la mort
s’écarte d’elle-même

De souche inconnue
le ventre du lecteur
qui abrite
les phrases suicidées
le dessin de la foudre
lui tenant lieu de boussole

De souche inconnue
les rires-volubilis
qui
sur les ennemis du poème
s’abattent
radicaux dans l’essartage.