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Nouveautés aux éditions «Monde-Edition-Ouverture» - http://www.meo-edition.eu/

« Sous le rideau, la petite valise brune » - Françoise Thiry
ISBN 978-2-80700-131-2
parution : 1er septembre 2017

EXTRAIT
Hiver 1966 : un Boeing 707 de la Sabena provenant de Bujumbura atterrit sur le sol belge.
Parmi les passagers, tu es là, unique enfant, âgée d’à peine six ans, à moitié endormie, tenant dans la main une petite valise brune. Tu descends en trottinant derrière une hôtesse de l’air en tailleur bleu, perchée sur de fins escarpins. Tu ne la quittes pas jusqu’à l’arrivée d’un homme portant une chemise blanche avec un drôle de col blanc qui lui serre le cou, un costume noir et, sur le revers de la veste, une petite croix en or. L’hôtesse salue « Monseigneur » avant de fendre la foule et de disparaître.
La main de « Monseigneur » saisit ta menotte. Il t’appelle par ton prénom, France, et t’entraîne sans mot dire dans les dédales de l’aéroport où des voix venues de tu ne sais où parlent dans une langue bizarre, où des gens ont

tous une peau claire et des habits éteints, comme les morts. Sauf qu’ils bougent, qu’ils bougent tous très vite.
Pourquoi es-tu là ? Tu n’as jamais vu ce Monseigneur que tu dois suivre sans explication. Ce qui te fascine, ce sont ses cheveux orange, fins et lisses. Jamais tu n’en as vu de pareils. Tu es terrifiée. Le Diable t’a enlevée. Mais pourquoi ? Il t’emmène dans une Mercedes noire. Il t’assied à l’arrière, sur des sièges en cuir foncé, luisants, où tu glisses, agrippée à ta petite valise brune. Mais le diable pointe vers toi son gros doigt plein de taches de rousseur. Combien y en a-t-il sur sa main ? Et sur sa figure ? Peut-être en a-t-il partout ? Ce Monseigneur est-il très malade ? Il élève la voix. Tu comprends que tu ne dois toucher à rien. C’est quand même très tentant, ces boutons qui cliquent et claquent, ces vitres qui montent et descendent ; ce tableau de bord où des lueurs s’allument, s’éteignent, clignotent. Tu veux savoir si ce sont des lucioles. Mais les gros yeux verts te menacent dans le rétroviseur. Alors, tu te cales dans les sièges qui sentent une odeur de chaussures cirées, et qui crissent quand tes petites jambes bougent.
 
Née au Burundi à l'approche de l'indépendance, d'une mère burundaise et d'un père belge « anonyme », Françoise Thiry, à l'âge de 6 ans, a été arrachée à sa famille maternelle par l'Eglise catholique pour être emmenée en Belgique et donnée en adoption. Licenciée en Pratique et Politique de Formation ainsi qu'en Sciences de l'Education, elle a été active dans l'action interculturelle et est aujourd'hui coordinatrice d'un Centre d'alphabétisation.
 
17,00 euros - 14,8 x 21 cm - 204 pages

« Stille Nacht » - Gérard Adam
ISBN 978-2-80700-138-1
parution : 1er septembre 2017

EXTRAIT
L'humanité m'apparaît comme un immense rucher où se juxtaposent des milliards d'alvéoles séparées par des travées de cire infranchissable. Chacune de ces alvéoles dit et pense « Moi je ». Elle veut aimer, être aimée, jouir plus qu'elle ne souffre, elle trouve juste chaque bonheur, cruelle chaque douleur. Pour appeler ces bonheurs, écarter ces douleurs, chacune se structure une pensée magique autour d'une divinité, d'une philosophie. Mais pour chaque alvéole, quelle importance ont les autres « Moi je » qui pensent et ressentent, partagent ou ne partagent pas son illusion de la divinité, de la philosophie ? Aussi proches qu'ils paraissent, ni leur pensée ni leur ressenti ne lui sont accessibles. Toute proximité n'est qu'illusoire. Certains répandent des bienfaits en vertu d'une abstraction improuvable, quand au nom du même concept d'autres torturent et assassinent.
Tout humain digne de ce nom a été horrifié par les attentats récents. Mais en quoi le fait qu'un grand nombre a perdu la vie au même instant des mains de prétendus semblables rend-il leur mort plus effroyable que le cancer de Josfa, les poumons pétrifiés de Papa, l'Alzheimer de Mamma, l'hémorragie cérébrale de Mine ?
Le « Moi je » d'aujourd'hui semble pareil à celui d'hier comme à celui de demain. Ce bientôt vieillard que je suis ne s'éprouve pas différent de l'enfant auquel une fillette refusait la découverte de son corps, cet adolescent qui se sentait rejeté parce que d'une classe « inféreieure », ce jeune homme en crise existentielle qui a mis fin à ses études pour s'enfouir dans la banalité. Mais quelle réalité cette impression recouvre-t-elle ? Je ne sais plus de mon passé que des flashes sélectionnés à mon insu par une instance de mon cerveau. Tout le reste s'est effondré dans l'oubli, comme dans l'océan ces falaises de glace minées par le réchauffement. Et le jour où sera donné le signal du délitement, ces flashes eux-mêmes disparaîtront, peu à peu ou d'un seul coup. De ce qu iaura été Yvan Jankovic ne substitera qu'une machinerie en sursis, inconsciente d'elle-même, fabriquant des instants qui aussitôt se déliteront.
 
Ex-médecin militaire, engagé à plusieurs reprises sur les terrains « humanitaires » (Opération Kolwezi, Bosnie-Herzégovine), écrivain, éditeur et traducteur, Gérard Adam est l'auteur d'une quinzaine de romans, récits et recueils de nouvelles, dont « L'Arbre blanc dans la Forêt noire » (prix NCR-AT&T), « La lumière de l'Archange » (finaliste du Prix Rossel), « Le Saint et l'Autoroute » (finaliste du Prix littéraire du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelle), « De l'existence de dieu(x) dans le tram 56 » (Prix Emma Martin)
 
16,00 euros - 14,8 x 21 cm - 180 pages
 

 

« Bird et le mage Chô » - Annie Préaux
ISBN 978-2-80700-134-3
parution : 1er septembre 2017

EXTRAIT
Allez, sur fond de All the things you are, cherchons ce que nous sommes : une prisonnière du Mage Chô, enfermée dans sa cellule blanche. Commerciale sans commerce. Sans bagnole. Sans Kriss ou équivalent. Ni produits variablement performants. À défendre à coups de science, de baratin et de cadeaux. Quoi d’autre ? Fille d’un inconnu, passons. D’une jolie femme qui aurait pu être styliste, journaliste de mode, créatrice d’une ligne de vêtements dans une grosse boîte, mais qui est devenue simple vendeuse comme sa mère. Certes, dans un écrin. Mais que deviennent les écrins au bout de tant d’années ? Moi, au moins, j’aurai échappé à la tyrannie des générations ! Encore que… Qu’ai-je été d’autre qu’une vendeuse, comme ma mère, ma tante, ma grand-mère ? Retour au sujet : qui suis-je ? La fille d’une femme solitaire, la nièce de Rose, seule elle aussi.

 L’enfant qu’elle n’a pas eu. Quoi encore ? L’ancienne compagne de Bruno, prête à tout pour qu’un rêve d’ado ne se casse pas la figure ? Pas tout à fait à tout. Continuons. Déroulons l’inventaire : une pochtronne tombée des mois plus tard sur le seuil de la maison de la rue Greyson. Bien bourrée d’accord, et bientôt obsédée par un rêve de meurtre sanglant. Poursuivons : l’amie de Laura, cette incroyable travailleuse, laissée sans nouvelles. Et puis ? L’habitante de la petite maison où son père a fini d’exister. Celle qui écoute la rivière et les projets d’avenir de son vieux voisin. Après ? Enfin ?... La lectrice intermittente de l’histoire d’une femme oiseau. Ah ! j’oubliais : la squatteuse du Bas des Rocs qui, de temps en temps, accueille Coco. Non, pas un perroquet ! Pas question de se réfugier dans un bouquin sur la vie des oiseaux, même magnifiquement illustré. […]
La nuit a viré au noir épais, écrasant, insupportable. La rivière, elle, y va toujours de sa chanson minimaliste. Malgré sa tisane « tranquility » copieusement arrosée de vodka – elle a acheté la bouteille « pour Simon » –, Sandrine ne trouve toujours pas le sommeil. Elle n’a pas envie de lire, mais elle ouvre au hasard l’album L’Amérique en 1492 que lui a prêté l’amateur de sites amérindiens. Nombreuses illustrations : architecture, sculpture, tissus… Sur la photo d’une céramique mochica, des guerriers traînent des prisonniers blessés dont le sang coule en pluie de petits traits rouges. D’après la légende en italique, leur tête est recouverte de la peau du visage d’ennemis précédemment tués et écorchés – ou écorchés et tués, selon l’ordre chronologique – par leurs vainqueurs. Et ça dégouline en effet, ça leur coule de partout, mais ce qui est drôle, c’est qu’au premier regard, ces guerriers – vainqueurs et vaincus – se ressemblent comme des frères.
 
Prix RTL-TVI pour son premier roman, Coréenne, Annie Préaux, romaniste et enseignante, s’intéresse aux arts plastiques, à la philosophie et au théâtre-forum, qu’elle a pratiqué avec la Compagnie du P’tit Thomas. Elle anime aussi des ateliers de lecture-écriture et publie des articles de pédagogie et de réflexion humaniste.
Deux de ses romans ont paru aux éditions M.E.O., J’ai immédiatement écouté les conseils de Dieu et Fuites.
 
 17 euros - 14,8 x 21 cm - 220 pages
 

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