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Une étoile ne meurt pas elle se transforme


« Même les étoiles, ces puissants et gigantesques astres du ciel, ont une vie. Ils naissent, se développent, grandissent et meurent… ». Combien de fois, Alejandro Jodorowsky et Antonio Bertoli, mes amis en réévolution, ne m’ont-ils pas rappelé cette évidence et d’ajouter : « la mort n’existe pas, tout se transforme. Et donc, pourquoi en serait-il autrement des humains ? des couples que ces humains constituent dans leurs vies, des institutions, des pays, des nations ? ». Il est parfois bon de rappeler, de se rappeler de certaines évidences.

Lorsqu’en 1962 les deux Francis – hommes libres et affranchis comme leur prénom commun l’indique – se rencontraient pour jeter les bases de leur amitié poétique et plus tard de ce qui allait devenir la Maison de la Poésie d’Amay, le petit bonhomme qui écrit ici et qui se tient devant vous en ce samedi 10 novembre 2007 pour cette Fête, tentait de naître une première fois. Cela se passait au sein de l’Ambassade d’Italie de Washington D.C., USA. Cette fois-là, il en restait à 3 mois dans le ventre de sa mère, et en sortit en lui causant grande tristesse. Il n’a cessé de s’en excuser auprès d’elle. Six ans plus tard, le David prévu par ses poètes et migrants de parents finissait par naître, quelques mois après Mai 68, dans la Nice garibaldienne, un lundi matin à 4h30 : on n’a peur de rien quand on vient au monde…

Et maintenant, près de 40 ans après, que faire ?
Tout d’abord, laissez-moi dire une autre évidence : il est impossible de « succéder à Francis Tessa ». Comme il est impossible de « succéder à Francis Chenot ».
Ils ont tous deux, bien avant moi, avec d’autres poètes – André Doms, Georges Thinès, Rio Di Maria, Guy Léga, Thierry Leroy, Pierre-Yves Soucy, et que les autres ne se sentent pas oubliés… – ainsi qu’avec cette équipe formidable que je continue de découvrir tous les jours – Agnès, Annie, Arlette, Catherine, Cathy, Clara, Fabienne, Françoise, Géry, Karin, Leslie, Nathalie, Nicky, Sophie – créé cette Étoile qu’est la Maison de la poésie d’Amay…

Grandira-t-elle, cette Étoile ? Mourra-t-elle ? se Transformera-t-elle ?

Je nous invite Toutes et Tous à être les maillons de cette nouvelle vie, de cette « Vie de Poésie » comme disait Jorge Luis Borges. Entre travail, passion, folie, aventure, utopie, et sacrifice, abnégation, ouverture sur l’extérieur, et plaisir, désir, envie de partage, d’échange, de don…

Le rôle que je m’apprête maintenant à interpréter reste encore à inventer, à créer, comme ce Théâtre des Poètes à l’étage qui attend de remplir son rôle. Francis Tessa et Francis Chenot, à mes yeux, ont fait des miracles en 45 ans. Tout comme dans ces 20 dernières années cette équipe, ce comité de lecture, ce conseil d’administration ainsi que les pouvoirs publics communaux, provinciaux et communautaires qui ont soutenu et continuent de soutenir cette initiative. Et comment, encore, suffisamment remercier Dolorès Oscari, Martine Lahaye et Mme la Ministre Fadila Laanan pour leur accueil, leur écoute, leurs suggestions et conseils et leur soutien fort et courageux pour donner à la Maison de la Poésie ce désormais historique « contrat-programme » nous permettant de faire naître, un jour, dans cette étoile une nouvelle étoile ?

C’est à vous toutes et tous, ainsi qu’aux aficionados, aux auteurs et aux lecteurs de cette grande Roulotte de la Poésie, que je demande beaucoup de patience et d’indulgence, et si vous le désirez, un peu de confiance.

Régulièrement je ferai des erreurs, avec obstination et persévérance.
Mais si parfois une bonne idée naîtra, étoile filante en ce ciel sauvage, c’est à nous Tous qu’elle profitera…

David Giannoni