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Il y a de l'innocence dans l'air - Dominique Sorrente


ISBN : 978-2-87406-587-3
Nombre de pages : 118
Parution : juin 2014
Auteur : Dominique Sorrente
Titre : Il y a de l'innocence dans l'air
Collection : Résidences
Format : 13 X 20
Prix : 10 € (frais d'envoi inclus)

 
 
Né en bord de Loire, Dominique Sorrente vit à Marseille. À l'écart des modes, il revendique une humeur polygraphe qui, tour à tour, le fait parolier, auteur de micro‑fictions, mais, avant tout, poète. Depuis Citadelles et mers (Sud, 1978), il a publié une vingtaine de livres, dont Petite Suite des Heures (Prix Antonin Artaud, Cheyne, 1991) et Pays sous les continents, un itinéraire poétique 1978-2008 (Prix Georges Perros, MLD, 2009).

Puis un jour, la main décide de prendre
tout son temps,
elle caresse un dos, elle apaise une joue,
elle se pose en douceur sur la bouche,
comme pour mieux dire silence,
elle frôle un souffle d'air
où se tiennent le jour, et la nuit, et le travail
du nuage d'écrire,
muets encore de tout ce qui se passe
et ne se passe pas encore,
elle pressent
l'autre main
qui, elle aussi s'en va, sur un autre trottoir,
sans penser à demain,
et la reconnaîtra.

Dans le sillon des traversées, Il y a de l'innocence dans l'air est le poème de la légèreté du monde à naître. Il emprunte volontiers à l'art du kaléidoscope, mêlant tonalités graves et souriantes, plaisir narratif et ferveur mélodique, évocation du quotidien intime, quête métaphysique et humour impressionniste. Une voix où la veine troubadour n'est jamais absente.
 
***
 
Paru dans LE BLEU D'ENCRE par Philippe Leuckx :

Sous ce titre léger, comme l’écriture de son auteur, se voient rassemblés des poèmes de résidences (celle d’Amay et d’autres lieux), liés aux voyages (le Tibet et ailleurs) et aux impressions qu’ils laissent, traces et lieux.
Sensible aux atmosphères, garant des gens qu’il croise, le poète a le don de recueillir la poudre du réel, « la grammaire des brodeuses », à coup d’encre « sympathique »,  lui qui « lèche la paroi comme pour prendre langue ».
Il tutoie le silence, « se souvient », qu’il « neige sur Bruxelles », qu’il suive « cette rive imprononçable »,  il sait qu’un « vent oublié soudain revient vers moi et me demande :
qui dira/ où poussent les théiers sauvages ? »
Empruntant le style des notes de voyage, l’auteur délivre à la fois la brièveté des vues et la vérité des paysages perçus, sans lourdeur, sans effets d’écriture :
Rien de bien visible dans l’air. Il semble que tous les plis ont été défaits.

Apprendre aux mains à dormir, au regard à projeter son ombre, à la bouche à parler dans un trou d’eau.

Je touche plus près que le plus près
et plisse les yeux pour donner à la vue un autre usage.
Sans doute percevra-t-on dans ces beaux textes une vertu ethnographique, celle de saisir au-delà des apparences « des formes en résonance », « ces gestes entendus », « calligrammes de vent ».