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Hôtel Mélancolie - Willem M. Roggeman


ISBN : 978-2-87406-467-8
Nombre de pages : 100
Parution : 2010
Auteur : Willem M. Roggeman
Titre : Hôtel Mélancolie
Collection : L'Arbre à paroles
Format : 13 X 20
Prix : 12 € (frais d'envoi inclus)

 
 
L'auteur

Willem M. Roggeman est né à Bruxelles. études en sciences économiques à l’université de Gand. Journaliste au quotidien Het Laatste Nieuws, où il fut critique de littérature et des arts plastiques. Il dirigea le centre culturel flamand «De Brakke Grond» à Amsterdam.
Son oeuvre contient plus de cinquante titres en langue néerlandaise, dont la plupart sont des recueils de poésie, mais aussi des essais, des biographies, des pièces de théâtre, des recueils d’interviews, des traductions et des études sur des peintres flamands et hollandais. Des recueils de poésie ont paru en traduction en France, Italie, Grande Bretagne, Irlande, Canada, Allemagne, Suisse, Pologne, Macédoine, Serbie, Bulgarie et Russie.
Publications :

Le rêve du robot (poésie, préface de Jacques Izoard, illustration de Serge Vandercam, traduit par Jeanne Buytaert), La Renaissance du Livre,1977 – Le travail du poète (poésie, illustration de Jacky Duyck, traduit par Jeanne Buytaert), Les Elytres,1979 – Les Centaures (roman poétique, traduit par Henri Cornelus), André De Rache,1980 – L’invention de la tendresse (poésie, introduction d’Evelyne Wilwerth, illustration de Mireille Ayakaluka, traduit par Evelyne Wilwerth), Autres Temps,1997 – L’utilité de la poésie (poésie, introduction d’Eric Brogniet, traduit par Evelyne Wilwerth), L’Arbre à Paroles – L’Orange bleue, 2003 – Les métamorphoses du poète (poésie, préface d’André Doms, traduit par Elisabeth Gerlache), L’Arbre à Paroles, 2006.

Le livre :

Ecrire d’un livre de poèmes, c’est tenter d’en faire le portrait. Car tout vrai poète – et Willem M. Roggeman est de ceux-là – délègue dans l’aura de ses mots une image qui, ainsi que la lumière sur l’étang, se génère autant du récepteur que de l’émetteur. Hôtel Mélancolie me donne une plage déserte semée de coquilles vides, de ces coquillages qu’en des temps très anciens l’homme glissait dans les parois de sa caverne, première bibliothèque. Et qu’est-ce qu’écrire un poème sinon de tenter de lire le monde, celui qui nous est proposé, celui qui nous est à jamais refusé. «Le poète s’abuse sur le nombre de lettres du mot Dieu», écrit Roggeman. C’est dire que l’approche poétique est celle de l’absolu et que la faiblesse du langage même la rend improbable. Ce langage, Roggeman ne cesse de l’observer, de l’interroger, de lui découvrir de fatales approximations, des faux pas, des fuites, et par ailleurs d’éprouver une allègre exaltation à jouer avec les mots ; jeu magique, jeu dérisoire, mais le grand jeu, semble dire le poète, sans le dire, comme on considère nostalgique en soi ses tentatives et son perpétuel repentir.

Extrait de la préface de Jacques Crickillon

Extrait :

Een mooi uitzicht op woorden


Door het raam kijkt hij
naar een taallandschap.
Dan ontdekken zijn ogen
een panorama van woorden.
Dit houdt hij voor gezien.
Want er is iets aan de gang
met de woorden, die ten einde raad
ontsnappen uit de taal en kiezen voor
het abstracte denken, al verliezen zij
iedere notie van verbrande schoonheid.
Nochtans stond alles netjes genoteerd,
met het gelijk dat men iedere morgen
– wanneer de dag stotterend begint –
drinkt bij het ontbijt of inademt als
een behaagzieke luchtbel, geurend met
het parfum van lang verzwegen gedachten.


Une vue splendide sur des mots

Par la fenêtre il regarde
le paysage de la langue.
Ses yeux découvrent alors
un panorama de mots.
Il les garde à vue.
Car quelque chose se passe
avec les mots, qui, de désespoir
s’échappent de la langue et choisissent
la pensée abstraite, bien qu’ils perdent ainsi
toute notion de beauté consumée.
Pourtant tout était bien noté,
avec la sagesse qui chaque matin
– lorsque le jour débute en bégayant –
se boit au petit déjeuner ou qu’on aspire comme
une bulle d’air coquette, fleurant
le parfum d’idées dès longtemps passées sous silence.