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Extraire - Tom Nisse


     
Auteur : Tom Nisse
Titre : Extraire
Collection : l'Arbre à paroles
Format : 13 x 16
Prix : 11,00 €
Nombre de pages : 92
ISBN : 978-2-87406-629-0
Parution : avril 2016
 
 
Et d'un moment à l'autre bout
— presque tout — est futile d'un coup...
Ce livre fait suite à une dizaine de plaquettes et plusieurs recueils publiés depuis 2007. Il contient une cinquantaine de poèmes écrits entre 2011 et 2014. À travers un style aussi radical qu'accessible, Tom Nisse nous montre une nouvelle fois que l'acte poétique est un acte de lucidité, d'amour mais aussi de colère : une manière de décortiquer le monde pour le voir et le vivre pleinement.
Tom Nisse est né en 1973 au Luxembourg. Il vit à Bruxelles depuis 1994. Participe fréquemment à des lectures et des performances poétiques et organise divers événements culturels. Il collabore avec des artistes de toutes les disciplines et pratique des interventions plastiques intégrant le langage. Est aussi traducteur de et vers l'allemand.

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Un compte rendu de Frédéric Thomas - Revue "Dissidences"

Dès les premières pages et le beau poème, « Dimanche, l’esprit de Brecht revisité », on est fixé ; il sera question de poésie, en prise avec la futilité des dimanches, l’ivresse des voyages, de l’amour et du reste, et le détraquement du monde :

« et là-dedans dans cet univers détraqué
gris et oblique là-dedans on aimera
on aura faim et pas d’enfants » (p. 7).


Soit une poésie « tordant les jours de l’Occident » (p. 8), buttant sur les territoires et frontières, les débordant parfois dans une « dialectique des gares » et infractions de toutes sortes, jusqu’à atteindre la rive du prochain bistrot, et, épisodiquement, plus loin, « ces corps rares et irremplaçables » (p. 67).


Pas trop loin de Brecht, dialoguant avec Pasolini ou Antoine Wauters, faisant, au passage, un clin d’œil à Prévert (p. 70), mais avec sa marque propre bien sûr, un attachement particulier aux lieux, et à cette double exigence de simplicité et de veille. Une veille où se mêle d’ailleurs la colère – « c’est délicieux de refuser » (p. 69) – et l’amour :
« Seulement ceci qui pourrait jaillir
de ces villes c’est que dans chaque ville
il serait encore possible qu’un amour veuille » (p. 79).
Mais également, confondus, ce « qui pourrait jaillir » et l’événement passé, dont le poème tente de capter et de transmettre une part de sa force et de son secret :
« où est le potentiel de temps
que l’on appelle mémoire
(…)
et le poème leur sera-t-il
à ceux ainsi frappés d’oubli
une demeure ou un exil
ou une mort anonyme
supplémentaire ? » (p. 71-72)

Peut-être est-ce alors, l’irréparable Ixelles jadis, donnant à voir les correspondances entre le bandit tragique Raymond Callemin et le poète Odilon-Jean Périer, dans le quartier bruxellois, qui souligne le mieux l’exigence limite de ce recueil de poèmes, composés entre 2011 et 2014 :
« le monde devra changer sinon du moins se souvenir » (p. 12).