Maison de la poésie Revue L’Arbre à Paroles Imprimerie Le CEC Plume et Pinceau Auteurs en Résidence Le Théâtre Galerie expo
 
 
 

Dix disques de traverse - Laurent Grenier


ISBN : 978-2-87406-619-1
Nombre de pages : 54
Parution : mars 2016
Auteur : Laurent Grenier
Titre : Dix disques de traverse
Collection : iF
Format : 12 x 20
Prix : 10,00 € (frais d'envoi inclus)

 
 
1980 : Naissance à Rocourt. Printemps de merde. Ian Curtis de Joy Division se pend dans sa cuisine. 1985 : Ses parents divorcent. Stromae nait le 12 mars. 1992 – 1998 : Pratique féroce de l’onanisme en pensant aux filles de l’athénée de Chênée. Kurt Cobain ne se rate pas. 1999 : Dégueule sur un bateau qui l’amène à Buenos Aires. Lit André Breton. 1999 – 2002 : Études d’agronomie. N’arrête pas la masturbation. 2002 – 2005 : Études pédagogiques. TFE au Sénégal. Deuxième album de Gorillaz. 2008 : Perd à l’euromillions mais devient chroniqueur musical pour le mensuel bruxellois Rifraf. 2011 : Se marie avec Sarah. 2012 : Naissance d’un fils, Wilco, comme le groupe. 2015 : A une fille, Eléor, comme la chanson de Dominique A. Chronique toujours des disques que personne n’écoute et reste professeur de math dans une ville sans avenir...
« Je ne me souviens de mon enfance – et puis de mon adolescence bancale, et puis de mes balbutiements d’adulte – que parce qu’il y avait de la pop music. Un peu partout, tout le temps. Un truc de fond dont les autres semblent se ficher, occupés à faire et défaire leurs vies par‑dessus, mais qui chez moi passe au premier plan… Un tube bidon de Souchon ? Johnny Hallyday qui reprend les Beatles ? Et hop, nous sommes dans la voiture de mon père, de la fumée de cigare dans le pif à prendre les virages déraisonnablement, tandis qu’il nous ramène, ma soeur et moi, chez ma mère après un week-end tout aussi insensé mais tellement aventureux pour des moins de dix ans : les heures trainées au café, les revues érotiques et les logements insalubres côtoient les balades en forêts, les fêtes foraines, les bandes dessinées. Et la pop music. Un peu partout, tout le temps. Les années ont passé ainsi. Et aujourd’hui, quand une insignifiance de ma vie de broutilles se rappelle à moi, c’est systématiquement avec les gimmicks des losers pop que j’entendais alors. Impossible d’y couper. Il n’y a pas de touche mute à ma mémoire. Aussi donc, un soir de grand désoeuvrement et d’éternels retours de ritournelles, je me suis surpris à en écrire quelques saillies, da doo ron ron, da doo ron ron ».