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Clore le monde - Jean-Louis Rambour


ISBN : 978-2-87406-411-1
Nombre de pages : 104
Parution : 2009
Auteur : Jean-Louis Rambour
Titre : clore le monde
Collection : L'Arbre à paroles
Format : 13 X 20
Prix : 12 € (frais d'envoi inclus)

 
 

L'auteur

Né en 1952, Jean-Louis Rambour vit en Picardie, près d’Amiens.

Publications :

Mur,
La Grisière, 1971
Récits, Saint-Germain-des-Prés, 1976
Petite biographie d’Édouard G., CAP 80, 1982
Le poème dû à Van Eyck, L’Arbre, 1984
Sébastien, Cahiers du Confluent, 1985
Le poème en temps réel, CAP 80, 1986
Composition avec fond bleu, Encres Vives, 1987
Françoise, blottie, Interventions à Haute Voix, 1990
Lapidaire, CAP 80, 1992
Le bois de l’assassin, Polder, 1994
Le guetteur de silence, Rétro-Viseur, 1995
Théo, Corps Puce, 1996 / La Vague verte, 2005
L’ensemblier de mes prisons, L’Arbre à paroles, 1996
Le jeune homme salamandre, L’Arbre, 1999
Scènes de la grande parade, Le Dé bleu, 2001
Pour la fête de la dédicace, Le Coudrier, 2002
La nuit revenante, la nuit, Les Vanneaux, 2005
L’hécatombe des ormes, Jacques Brémond, 2006
Ce monde qui était deux, Les Vanneaux, 2007.

Jean-Louis Rambour a également publié quatre
romans et deux recueils de nouvelles

Le livre

Pour éviter l’enfermement, il appartient au poète de Clore le monde, non comme on clôt une discussion, mais ainsi que se clôturent des espaces de mémoire dans «la beauté des hésitations de carrefour», pour célébrer les survivants. De toute manière, tout reste à dire, à inventorier, à inventer, puisque, au bout du compte, «Le perpétuel désastre du temps promet la paix».

Francis Chenot

Extrait

Il y a les pervenches, les fleurs bleu mauve de Rousseau (par qui placées devant son sarcophage au Panthéon ? chaque semaine rafraîchies), les pervenches qui font un philtre efficace, la chose est certaine, et qui enrayent l’hémorragie des poignets, qui évitent d’avoir la main du mort. Les pervenches qui sont le dernier remède conseillé par les Académies, de la médecine, du théâtre et des arts du cirque pour lutter contre tout, quand bien même la cage thoracique tremblerait de tous ses barreaux, qu’elle serait hantée par des visions nocturnes, quand bien même il faudrait chercher dans la plus petite vésicule d’air d’une algue verte, d’une ridicule chlorelle malodorante, une ultime ressource à nos poumons. Et si vraiment s’annonce la femme tête nue et bancroche avec ses esses de bouchère, avec sa chair emballée de bas plissés comme lampions, il y a encore la lune (les bossus et les bigles le savent) avec sa porte d’ivoire et de corne, capable de déplacer les océans et, bien sûr, de fermer un trou aux coeurs désuets.