Maison de la poésie Editions L’Arbre à Paroles Revue L’Arbre à Paroles Imprimerie Le CEC Plume et Pinceau Le Théâtre Galerie expo
 
 
 

Bouleversements - Josep M. Sala-Valldaura




ISBN : 978-2-87406-470-8
Nombre de pages : 74
Parution : 2010
Auteur : Josep M. Sala-Valldaura
Titre : Bouleversements
Traduction : Nathalie Bittoun-Debruyne
Collection : L'Arbre à paroles
Format : 13,5 x 20
Prix : 10 € (frais d'envoi inclus)

 
 
L'auteur

Poète, critique littéraire et traducteur, Josep M. Sala-Valldaura est détenteur d’un Doctorat en Lettres Romanes Hispaniques de l’université de Barcelone. Il enseigne la littérature espagnole moderne et contemporaine à l’université de Lleida. Son travail littéraire comprend une quinzaine de recueils de poésie dont plusieurs furent primés : Tot extrem voler, Llibres del Mall, Prix « Carles Fages de Climent » en 1976 ; En aquest dau del foc, La Magrana, Prix « Cavall verd » de la Critique au meilleur livre de poésie publié en 1987 ; Disfresses, La Galera, Prix « Serra d’Or » de la critique de littérature pour la jeunesse au meilleur livre de poésie 2002. Il a publié plusieurs livres sur le théâtre du XVIIIe siècle et sur la poésie catalane et espagnole actuelles

Le livre :

Dès l’ouverture de son livre, l’auteur prévient son lecteur en citant en exergue la poétesse espagnole Chantal Maillard : « De nos jours, ne semblerait trouver de place une poésie autre que celle qui dit la faim. Et la terreur. La désolation et l’étrangeté. Qui les disent afin que nous nous y retrouvions. » Cette suite de poésies de Sala-Valldaura intitulée Bouleversements est d’une seule tonalité. Mais celle-ci se métamorphose dans un prisme de la langue de telle manière que les motifs se complexifient, que les correspondances et les superpositions s’affirment selon des perspectives infinies afin de mieux embrasser le réel. Elle se donne comme une conscience mise à nu puisque désemparée face à un monde qui nous laisse non seulement sans refuge mais tout autant étranger à soi-même. Dès lors, où accueillir le monde à l’intérieur de soi ? L’auteur cherche à faire entendre les intempéries du temps et de l’espace habités, inhabitables, toute matière dont l’énigme reste entière. Et pourtant, cette poésie résiste, même farouchement, à toute perte de sens et de soi. Elle dit son refus en s’attachant aux lignes de fracture au coeur de la vie, non pour apaiser, mais bien pour engager plus de lucidité s’il est possible encore.

Pierre-Yves Soucy

Extraits :

SUPPLÉMENT DU DIMANCHE

Ne pas mettre le pied dans les vomissures de la nuit,
les étranges couleurs minérales – d’airain, bauxite et cuivre –
qui fleurissent les trottoirs des rues,
sur le chemin de la baguette et du journal.
Dire bonjour au balayeur maghrébin
à qui tu parles parfois
de nos bonnes vieilles coutumes,
et autres cuites,
et ensuite revenir – dimanche calme et ensoleillé –
tout doucement, les chaussures intactes,
avec ta ration de pain et de merde planétaire
sous le bras gauche.