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Aux arbres penchés - Emeric de Monteynard


ISBN : 978-2-87406-365-7
Nombre de pages : 104
Parution : 2006
Auteur : Emeric de Monteynard
Illustrateur : Xavier
Format : 12x20 cm
Collection : l'Arbre à paroles
Prix : 12 €

 
 
Poésie


Aux éditions l’Arbre à paroles :

Ecalgrain, 2018;
Force est d'écrire aimer, 2017;
Ecoper la lumière, 2015

Ce qui, la nuit, 2012
Aux arbres penchés, 2006 (Prix Amélie Murat).

Chez d'autres éditeurs :

Aimer, le dire - MaelstrÖm, 2014 (poésie)
Pétra, s'égarer vers le ciel - Tertium, 2014 (récit)

Toucher les doigts du sourcier (poésie, 2004),
Dans ce tremblé des dires (poésie, 2003),
Concéder l'or et le bleu (poésie, 2002),
3 recueils épuisés, publiés chez Eclats d'encre
avec le soutien du CNL, le Centre National du Livre.


Bibliographie complète sur le site :

www.emericdemonteynard.fr
 
 
L'ouvrage

Ce livre est né avant tout d’une rencontre, du temps qui passe et qui malmène, des mouvements qui nous agitent, de l’amitié, de la douceur et du vin, de l’amour, de la famille et de cette joie enfin, qui nous reste... pour finir ou pour commencer.

*

Aux arbres penchés est une forme d’hommage, rendu non par un botaniste, mais plutôt comme le ferait un voisin qui partagerait un espace et voudrait témoigner d’un peu d’amitié ou d’émerveillement devant le silence tenu ou cette façon qu’ont les arbres de pousser, de contenir ou de vieillir et, quand ils meurent, simplement d’ajouter de la terre à la terre. La tentation est grande de prêter aux arbres des pensées, des intentions et de vouloir les mesurer au crible des nôtres, tant ils respirent et se dressent et semblent nous ressembler. Mais tout est là qui nous oppose ! Nous, nous appartenons à l’espace, eux au temps ! Et quand ils s’exposent et bien plus que nous, nous ne savons que nous échapper, quitter, aller et, souvent, nous enfuir. Nous sommes ceux qui prennent et eux ceux qui donnent. Je ne sais pas précisément nommer ce qu’ils sont, cette puissance, la tension qu’ils affichent à laisser la vie les pénétrer, d’abord par le bas et puis de part en part. Peut-être est-ce leur façon de durer, d’être fort ? J’aime penser ce qu’écrit Erri de Luca, qu’un arbre ressemble bien plus à un peuple qu’à une personne, qu’il s’implante avec effort, s’enracine en secret et que s’il résiste... «commencent alors des générations de feuilles» ! Je sais depuis peu qu’un arbre ressent les marées et que l’eau le traverse… que l’ondée, la rosée, quelque part viennent de lui, comme un cadeau. Aussi s’il ne peut être un modèle, ne serait-il pas comme un ange, gardien de la terre, quelqu’un qui se tait, qui sait, protège et qui nous porte ?

L'auteur

Emeric de MONTEYNARD est né en 1956. S’il vit et travaille à Paris, c’est face à la mer, en Normandie, qu’il se ressource, qu’il assemble ses mots, un par un, à haute voix, pour que ceux-ci sonnent ce qu’ils disent, pour aller au coeur des choses «avec un ton et un sens de l’essentiel.»


L'illustrateur

Issu d’une famille très liée au monde de l’art, XAVIER, né en 1958, s’est initié très tôt aux techniques de la gravure et de la peinture. Depuis 1975, une trentaine d’expositions personnelles lui ont été consacrées. Défenseur infatigable des techniques artisanales des métiers d’art Il a réalisé plus de 450 estampes et une vingtaine de livres de bibliophile (La Fenêtre, Fata Morgana, Lacourière Frélaut…). Son oeuvre est déjà présente dans de nombreuses collections privées et publiques, en France et à l’étranger. En 2004, il imagine avec Andrée CHEDID, un recueil de 49 dessins et poèmes inédits (Poursuites, éditions Alternatives) qui rencontra le succès. En 2005, une rétrospective de ses 30 ans de peinture lui a été consacré à Malaga (Espagne), au Musée de la Maison Natale de Picasso. Celle-ci sera présentée au musée de Cambrai en 2006.


Extrait

Après la tempête de décembre, je me souviens
d’avoir vu deux ou trois arbres, au moins
centenaires et clairement déracinés.
On sentait bien qu’ils avaient dû
se faire surprendre par la violence de la chose,
qu’ils avaient dû s’agripper les uns aux autres,
un peu n’importe comment,
de telle sorte qu’ils s’étaient retrouvés ainsi de
travers, liés contre nature.
Je me souviens aussi sous l’amas, d’un petit
panneau métallique d’à peine deux ou trois
mètres, encore intact et planté,
que je n’avais jamais remarqué auparavant, ni
ici ni ailleurs : «Danger ! Arbres penchés».
J’ai aussitôt eu envie de crier... du dedans...
de dédier un recueil ou quelque chose,
un hommage, à ces arbres penchés...longtemps
debout ou d’abord debout.